Incarnez Gray, le Deuxième Chevalier, envoyé en mission diplomatique vers l'Empire levant du Japon.
Un chevalier sans lune dans un monde en ruines.
Il existe des univers qui semblent faits pour être explorés à maintes reprises, comme si chaque nouvelle incursion pouvait révéler un fragment différent d'une même folie. Skautfold appartient à cette catégorie : un monde vibrant d'ombres, de rituels brisés et d'une architecture qui semble respirer. Moonless Knight, développé par Pugware et porté sur consoles par Red Art Games , s'inscrit dans cette tradition et la transpose en un jeu d'action de type Metroidvania, entièrement axé sur l'atmosphère et la précision des combats. Le résultat, cependant, est une expérience qui oscille entre des intuitions réussies et des moments de rigidité manifeste, laissant l'impression d'une œuvre fascinante mais inachevée. L'intrigue se déroule en terrain familier pour ceux qui connaissent la saga : un royaume en ruines, un mal ancien tapi sous la surface et un protagoniste qui progresse à travers des ruines, des cathédrales en ruine et des cours infestées de créatures difformes. La narration n'est jamais explicite, préférant suggérer plutôt qu'expliquer, s'appuyant sur des fragments de texte, des descriptions des lieux et des rencontres sporadiques. Elle fonctionne bien pour créer une atmosphère, mais moins bien pour établir un fil conducteur clair : les nouveaux lecteurs pourraient se sentir perdus, comme s'il leur manquait un contexte plus solide pour comprendre pleinement l'histoire.
Le cœur du jeu réside dans son système de combat, basé sur la parade et la gestion de l'endurance. Frapper ne suffit pas : il faut observer, anticiper et prendre des risques. Une parade parfaite peut renverser le cours d'un combat, tandis qu'une parade ratée peut vous coûter la moitié de votre barre de vie. Cette philosophie récompense la précision et pénalise la fluidité du jeu. Certains boss sont conçus avec minutie, tandis que d'autres semblent déséquilibrés, avec des fenêtres de parade trop étroites ou des schémas d'attaque frôlant l'arbitraire. L'impression générale est celle d'un système bien intentionné, mais dont les détails manquent parfois de finesse. Le monde de Skautfold : Moonless Knight est un labyrinthe gothique qui se dévoile lentement, avec des raccourcis, des portes scellées et des capacités permettant d'accéder à de nouvelles zones. La structure Metroidvania est solide et incite à revenir sur ses pas, mais les cartes ne sont pas toujours faciles à déchiffrer. Certains chemins sont contre-intuitifs, certains objectifs énigmatiques, et il arrive de s'égarer inutilement sans direction claire . Lorsque tout fonctionne correctement, l'exploration est plaisante et regorge de petits secrets ; dans le cas contraire, elle met la patience à rude épreuve.
Un pixel art évocateur, mais pas toujours apprécié.
L'esthétique est l'un des points forts du jeu : les graphismes pixel art sont riches en détails, les animations sont méticuleusement réalisées et l'atmosphère gothique est parfaitement rendue. Les environnements sont suffisamment variés pour éviter la monotonie, tout en restant fidèles à une imagerie décadente et oppressante. Enfin, la bande-son accompagne bien l'action, alternant entre des thèmes lancinants et des morceaux plus énergiques lors des combats de boss. Elle n'est pas mémorable, mais elle remplit parfaitement son rôle. Le jeu fonctionne également à merveille sur PlayStation 5, mais certains choix d'éclairage et de contraste rendent certains environnements plus ternes qu'ils ne devraient l'être, notamment dans les zones les plus sombres. Skautfold : Moonless Knight est donc un jeu qui peut se révéler gratifiant lorsque tous les éléments s'alignent : une parade parfaite, un raccourci découvert ou un boss enfin vaincu après dix tentatives. Mais c'est aussi un jeu qui ne fait pas grand-chose pour s'adapter à ceux qui ne sont pas déjà conquis par sa philosophie. L'interface est peu intuitive, certains menus sont plus complexes qu'il n'y paraît et la difficulté atteint des sommets qui frôlent la frustration. Ce n'est pas un jeu « injuste », mais c'est un jeu qui ne cherche pas à l'être. Si les boss constituent l'obstacle principal de Skautfold, l'exploration joue également un rôle important. Le monde du jeu recèle des zones optionnelles, des objets clés et des améliorations qui ne sont pas explicitement indiqués. Pour tout obtenir, il faut revenir fréquemment sur ses pas, observer attentivement et accepter que certaines zones ne se débloquent qu'après l'acquisition de compétences spécifiques. La structure Metroidvania fonctionne, mais elle rend la complétion totale moins immédiate qu'il n'y paraît. À cela s'ajoute la gestion des objets et des améliorations , qui exige une certaine organisation mentale pour ne rien oublier. L'interface n'est pas toujours intuitive, et certains menus peu pratiques peuvent ralentir la gestion de l'inventaire.

VERDICT
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Skautfold: Moonless Knight est un ajout intéressant à l'univers de Pugware, mais pas le plus réussi. L'atmosphère est prenante, les combats ont du caractère et la conception des niveaux recèle des moments d'inspiration. Cependant, son manque de souplesse, ses déséquilibres et une progression un peu monotone l'empêchent d'atteindre son plein potentiel.