Sakamoto Days tome 21
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 08 Avril 2026
Résumé | Test Complet | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Scénario et dessin : Yuto Suzuki

Sakamoto Days est une série toujours en cours de parution au Japon et qui a connu vingt-cinq tomes à ce jour aux éditions Shueisha. Comme John Wick l'a découvert, on ne quitte jamais le syndicat du crime. Il faut parfois du temps pour que ce sombre passé vous rattrape. Mais laissez-vous cette époque violente et révolue vous engloutir à nouveau, ou faites-vous de votre mieux pour embrasser votre nouvelle vie aussi étroitement que possible ? Si vous êtes un peu comme le personnage principal de Sakamoto Days, la réponse est évidente. Nouvelle série de l'auteur de manga Yuto Suzuki, Sakamoto Days suit le quotidien de Taro Sakamoto. Il était autrefois un ancien tueur à gages, jusqu'à ce qu'il tombe amoureux d'une fille et mette de côté son côté violent. Mais alors qu'il s'est habitué (et engraissé) à sa nouvelle vie de vendeur, le tueur à gages clairvoyant Shin le retrouve et le supplie de revenir dans le syndicat du crime. C'est alors que des personnes du sombre passé de Sakamoto commencent à apparaître, l'ancien tueur à gages faisant tout ce qu'il peut pour sauver sa famille et lui-même par tous les moyens non létaux nécessaires. Shin se retrouve bientôt à travailler aux côtés de Sakamoto à la supérette, où ils doivent trouver un équilibre entre servir la population et éviter une mort certaine. On apprend rapidement pourquoi Sakamoto a laissé son passé derrière lui, et ce n'est pas simplement parce qu'il s'est marié et a eu un enfant. Sans aller à l'encontre des "règles de la famille", Sakamoto et Shin doivent trouver comment résoudre tous les problèmes qui se posent à eux. Heureusement, il leur suffit de ne tuer personne ; on n'a jamais dit qu'on ne pouvait pas être violent !

Avec le tome 21 de Sakamoto Days, Yuto Suzuki inaugure l'un des arcs narratifs les plus délirants et dangereux de toute la série à ce jour. Tandis que le tome précédent posait les bases émotionnelles et stratégiques de la guerre contre l'Association des Assassins du Japon (AJA), ce nouveau volume nous plonge littéralement dans ses abysses : une prison souterraine conçue comme un véritable enfer, peuplée des criminels les plus violents et les plus dérangés du monde des assassins. Ici, Sakamoto Days démontre une fois de plus pourquoi il s'agit de l'une des œuvres shonen contemporaines les plus imprévisibles : le manga combine action extrême, humour absurde, tension constante et une mise en scène qui ne laisse aucun répit au lecteur pendant un seul chapitre. Ce volume s'articule autour d'une mission aussi absurde que dangereuse : Shin et Heisuke infiltrent volontairement la prison de l'AJA pour retrouver la mystérieuse voyante, figure clé de leur entraînement et de leur capacité à anticiper les mouvements de l'organisation. Loin d'être une simple prison, elle est présentée comme un écosystème clos où la violence est reine et où la survie repose sur l'ingéniosité, la force… ou la folie pure. Suzuki transforme l'infiltration en une sorte de « parcours horrifique » mêlant manga carcéral, jeux vidéo d'action et comédie burlesque. Chaque étage du réseau souterrain représente un défi unique, peuplé de prisonniers qui ne sont pas de simples tueurs, mais de véritables monstres aux capacités aussi extravagantes que mortelles. Shin, doté de pouvoirs de télépathie, évolue dans un environnement particulièrement hostile : écouter les pensées de criminels sans scrupules devient une torture psychologique constante. Heisuke, quant à lui, apporte une touche d'humour, mais démontre aussi que sous ses airs de tireur d'élite un peu naïf se cache une volonté de fer lorsque la situation l'exige. L'un des grands atouts du volume 21 réside dans la manière dont Suzuki sublime la chorégraphie des combats en espaces confinés. Les affrontements dans des couloirs étroits, des cellules improvisées et des espaces verticaux sont d'une clarté visuelle impeccable. Chaque rencontre est unique, non seulement grâce aux ennemis, mais aussi grâce à la façon dont l'espace lui-même influence l'action. L'humour demeure un élément essentiel du récit. La brutalité de la vie carcérale est constamment interrompue par des situations absurdes, des dialogues inattendus et des réactions exagérées qui détendent l'atmosphère sans pour autant l'atténuer. Suzuki a parfaitement compris que le rire ne diminue pas l'impact de la violence ; au contraire, il le rend plus marquant. Cet équilibre est l'une des caractéristiques les plus reconnaissables de Sakamoto Days : le lecteur peut passer d'un moment de rire à une scène de danger réel en quelques pages, sans que le ton ne paraisse incohérent.

Au-delà de l'action, ce volume utilise le cadre carcéral pour explorer la véritable nature de l'AJA. L'organisation n'est plus présentée comme un simple groupe d'assassins d'élite, mais comme une structure profondément corrompue où les rejetés, les ratés et les psychopathes les plus instables sont entreposés comme des armes latentes. Cette approche conforte une idée que Suzuki développe depuis plusieurs volumes : le monde des assassins n’est ni glorieux ni honorable, mais une machine déshumanisée qui dévore même ses semblables. La prison ne cherche ni à réhabiliter ni à punir ; elle n’est qu’un dépotoir pour la violence. Bien que Shin et Heisuke occupent une place prépondérante dans le récit, l'ombre de Sakamoto et Kindaka plane constamment sur l'histoire. Suzuki souligne que les événements de la prison ne constituent pas un arc narratif isolé, mais bien un élément d'un conflit beaucoup plus vaste. On sent constamment qu'un événement majeur se prépare. Chaque avancée de Shin et Heisuke, chaque découverte au sein de la prison, constitue un compte à rebours silencieux avant l'affrontement final avec l'AJA. Le manga ne précipite pas cette confrontation, mais installe une tension soutenue qui captive le lecteur. Visuellement, le tome 21 de Sakamoto Days témoigne d'une maîtrise absolue du rythme. Suzuki alterne des pages denses d'action avec des pauses savamment dosées, permettant au lecteur d'appréhender la folie ambiante sans se sentir submergé. Le trait reste net, dynamique et expressif, et l'utilisation de l'espace renforce le sentiment d'enfermement et de danger constant. Le design des prisonniers est particulièrement remarquable : grotesque, caricatural et mémorable, il renforce l’idée que cette prison abrite les pires criminels. Chaque nouveau personnage semble rivaliser de folie, donnant lieu à un défilé de menaces aussi ridicules qu’inquiétantes.

VERDICT

-

Le tome 21 de Sakamoto Days est explosif et prouve que la série n'a rien perdu de sa fraîcheur après plus de vingt volumes. L'arc narratif de la prison d'AJA offre une action non-stop, un humour déjanté et un développement très ingénieux de l'univers de l'histoire, tout en préparant le terrain pour des conflits encore plus importants. Shin et Heisuke brillent en tant que protagonistes de cette descente aux enfers, et Suzuki démontre une fois de plus que sa plus grande qualité d'auteur est de savoir quand accélérer, quand plaisanter et quand tendre la corde jusqu'à ce qu'elle soit presque rompue. La guerre contre l'AJA continue, mais nous savons maintenant une chose : si tel est le fonctionnement interne de leur système, l'affrontement final ne laissera personne indemne.

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