30 minutes de sursis
Plate-forme : Blu-Ray
Date de sortie : 07 Avril 2026
Résumé | Test Complet | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
film
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


7/10

Réalisé par Sydney Pollack.

« Toutes les deux minutes, une personne tente de se suicider en Amérique », nous rappelle subtilement cette information sur une affiche dans la clinique où Alan Newell (Sidney Poitier) travaille à temps partiel. Ces chiffres datent de 1965 ; aujourd'hui, selon les données de SAVE.org de 2020, on compte déjà quatre tentatives de suicide en deux minutes. Les lignes d'écoute sont donc d'une importance capitale. Alan, étudiant dans le thriller « The Slender Thread » (1965), premier film réalisé par l'acteur Sydney Pollack, est bénévole dans une de ces lignes d'écoute. Il espère passer une soirée tranquille pour réviser ses cours, mais les choses tournent mal. Lorsque son superviseur, le Dr Coburn (Telly Savalas, dont le rôle est plutôt mineur), est absent, Alan reçoit l'appel d'Inge Dyson (Anne Bancroft), une femme dépressive qui a fait une overdose de médicaments et refuse de dire où elle se trouve. La tâche d'Alan consiste à maintenir la femme désespérée en ligne pendant que la police tente de localiser son appel.  On a déjà vu ce procédé au cinéma, où le protagoniste est constamment au téléphone pour éviter une catastrophe ou une tragédie. L'exemple le plus récent est le film danois « Den skyldige » (2018), qui a ensuite fait l'objet d'un remake intitulé « The Guilty » (2021). Une différence majeure entre les films contemporains et, par exemple, « The Slender Thread », réside dans le fait qu'au XXIe siècle, un appel téléphonique peut être retracé en trente secondes, alors qu'il y a cinquante ans, c'était un processus très complexe et fastidieux. Ne serait-ce que pour sa perspective historique, « The Slender Thread » est donc un film intéressant. Il est inspiré d'une histoire vraie, celle de la journaliste et écrivaine Shana Alexander, la première femme à avoir un emploi stable de rédactrice pour le magazine Life. Dans un cas tragique où la réalité rejoint la fiction : en 1987, Alexander a perdu sa fille, Katherine, âgée de 25 ans, qui s'est jetée du 31e étage d'un immeuble à New York.

Il faut beaucoup aux acteurs pour qu'un film comme celui-ci, où les personnages passent tout leur temps au téléphone, reste captivant. Après tout, les téléphones portables permettant de parler partout n'existaient pas encore. Poitier reste quasiment immobile pendant les 98 minutes, mais son talent lui permet de nous tenir en haleine du début à la fin. À l'autre bout du fil, Anne Bancroft, actrice tout aussi douée, incarne avec une aisance désarmante l'épouse et mère tourmentée, ayant perdu tout espoir après une série de révélations dans sa vie privée. Inge est mariée à un pêcheur, Mark (Steven Hill), qui vient de découvrir un lourd secret. Il ne peut lui pardonner d'avoir toujours su qu'il n'était pas le père biologique de leur fils Chris (Greg Jarvis), âgé de treize ans. Le sergent Harry Ward (Paul Newlan) mène l'enquête policière sur l'origine de l'appel et tente d'obtenir un maximum d'informations sur les Dyson grâce à Alan. Ed Asner incarne Judd Riley, un inspecteur dévoué qui parcourt le monde à la recherche d'Inge grâce aux indices qu'on lui a fournis. Arriveront-ils à temps pour sauver cette femme désespérée d'une mort certaine ? Bien qu'ils se croisent brièvement et inaperçus au début du film, Alan et Inge ne se rencontrent jamais. Leur seul contact se fait par téléphone. Poitier et Bancroft portent le film avec brio, mais ne parviennent pas à masquer le fait que « The Slender Thread » se veut plus palpitant qu'il ne l'est réellement. Le problème réside principalement dans le scénario insipide et convenu de Stirling Silliphant, qui a transformé une histoire potentiellement fascinante en une intrigue précipitée digne d'un feuilleton médiocre. Difficile de reprocher quoi que ce soit à Sydney Pollack ; il maintient le film, tourné en noir et blanc net, dans une mise en scène soignée et précise. Il deviendra par la suite un réalisateur reconnu, signant des films tels que « Les Trois Jours du Condor » (1975), « Tootsie » (1982), « Out of Africa » (1984) et « The Firm » (1993).

VERDICT

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Pour Sidney Pollack comme pour les acteurs principaux Sidney Poitier et Anne Bancroft, 30 minutes de sursis n'est pas leur meilleur travail, mais un divertissement agréable et facile à regarder.

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